L'indispensable ortie!

Travail de recherche effectué par Davy Cosson et Elsa Defrenet

Article rédigé par Adélaïde Berthier le 10/03/2017

Elle brûle et n'est pas du poivre, elle cuit mais ce n'est pas le feu, elle pique et ce n'est pas le serpent. E Rolland

Mais qui est-elle?

L’ortie fait partie de la famille des Urticacées qui comprend 2 genres urtica et parietaria (muraille en latin) et pas loin de 700 espèces. Au sein de cette grande famille nous retrouvons l’ortie rouge (lamier pourpre), l’ortie blanche (lamier blanc), l’ortie bleue (campanule gantelé), l’ortie royale (galeopsis), l’ortie puante (stachys sylvatica) ou l’ortie de chine (ramie). Elles ne sont pas toutes inoffensives, la plante à feu (tropicale) est dangereuse car elle peut provoquer des œdèmes mortels.

L’origine du mot ortie est assez claire quelque soit la langue !

En français, il vient du latin urer qui signifie brûler.

En anglais, «  nettel » a pour origine « needle », une aiguille.

En allemand, « Brennessel » peut aussi se traduire par « aiguille brûlante ».

L'ortie est sans doute la seule plante que tout le monde connait car sa poignée de main est inoubliable. Künzle (curé herboriste suisse)

Dans cet article nous nous intéressons à la grande ortie (urtica dioïca). Cependant la petite ortie (urtica urens), possède des propriétés similaires.

 

C’est une plante nitrophile, c'est-à-dire qu’elle pousse sur les sols les plus riches en nitrates. Elle s’installe également sur les décombres, on dit qu’elle est rudérale. Pour finir, elle suit l’Homme. Ce qui est utile pour connaitre les lieux fréquentés.

 

Elle se reconnait facilement au touché avec ses feuilles aux poils piquants ! En cas de piqûre, vous pouvez frotter avec de la terre, essayer l’urine ou bien mettre des feuilles de plantain, menthe, mauve, grande oseille ou du jus d'oseille. Un proverbe turc dit : l'ortie a piqué mais la mauve a léché.

Pour la reconnaitre sans la toucher, il faut chercher une plante d’une belle couleur verte, avec des feuilles qui poussent de manière parallèle de chaque coté de la tige. Elle peut dépasser les 2 mètres de haut. Ses fruits, graines, sont appelés akènes. Elle possède des rhizomes traçants, vous pouvez donc avoir des orties séparées par 2 mètres de distances, mais qui sont sur la même tige souterraine.

C’est une plante qui joue un rôle important dans l’écosystème. En 1980, on a répertorié 120 espèces d’insectes vivants sur elle. Aujourd’hui, il y en aurait beaucoup plus. Et 30 espèces ne pourraient pas vivre sans elle.

La plus grande bienfaitrice du règne végétal. Rudolf Steiner

​Composition chimique

Minéraux : calcium, potassium, magnésium, sodium, fer, azote (nitrate), silice, soufre, bore, manganèse.

Pigments liposolubles : chlorophylle, béta carotène, flavonoïdes.

Amines : acétylcholine, choline, histamine, sérotonine.

Vitamines hydrosolubles : riboflavine (B2), acide pantothénique (B5), acide ascorbique (C) (6 fois plus qu'une orange), acide folique (B9)

Protéines : 9 acides aminés essentiels.

Eau : 80g /100g

Lipides : 0,7 à 1g /100g

Protides : 5,5 à 8g /100g

Glucides : 7 à 9 g /100g

Calories : 57 à 82 kcal /100 g

Protéines : 6 et 9 g /100g

 

Si vous bénéficiez de plusieurs récoltes, il faut savoir que c’est la première pousse qui est la plus riche en principes actifs.

Au cours de l’histoire :

On retrouve l’ortie à toutes les époques et dans tous les pays, ou presque. Elle est réputée pour avoir de nombreuses vertus, sur les être humains ou les animaux.

 

A la préhistoire, l'ortie était mangée comme un légume. Certains supposent même qu’il ait existé des cultures d’orties.

Dans l’antiquité, elle était vénérée. Au Ier siècle, Dioscoride conseille la décoction de graines dans du vin pour ses pouvoirs aphrodisiaques ; dans à du miel comme pectoral et expectorant ; une décoction de feuilles pour en faire un traitement diurétique et laxatif et enfin en cataplasme de feuilles écrasées pour soigner les plaies et ulcères.

Les grecs la consommait avec plaisir comme un légume au printemps. Ils s'en servaient contre la toux, la tuberculose, l'arthrite et pour stimuler la pousse des cheveux.

Les troupes romaines ajoutaient des tiges d’orties à leur ragoût pour leurs vertus nutritives. Ils se fouettaient le corps avec pour se réchauffer, lors de campagnes dans les pays du nord. Et à leur retour, ils se frictionnaient les reins et le bas ventre pour stimuler leur virilité et mieux satisfaire leur épouse.

Au nord de l’Allemagne, elle est sur les armoiries du Schleswig Holstein (XIIème siècle) et apparait dans le compte de Grimm « Demoiselle Maline ».

En Scandinavie, elle était associée à Thor et des graines ont été retrouvées dans des tombes vikings.

En Angleterre, pour l’herboriste John Gerard, c’était un contrepoison efficace contre les empoisonnements du sang. Nicholas Culpeper, médecin au début du XVIIème siècle, la prescrivait contre les maladies des vaisseaux sanguins et des voies respiratoires.

En Amérique, les Eclectiques la prescrivaient en tisane contre les infections des reins et de la vessie, et en jus pur contre les maladies de peau.

Sainte Hildegarde conseille les graines contre les maux d’estomac, les feuilles pour soigner les angines et crachements de sang, en application contre les maux de tête, le suc frais pour traiter les douleurs articulaires et les plaies enflammées.

En France, Victor Hugo écrit dans les Misérables :

« Quand l'ortie est jeune, la feuille est un excellent légume ; quand elle vieillit, elle a des filaments et des fibres comme le chanvre. La toile d'ortie vaut la toile de chanvre. Hachée, l'ortie est bonne pour la volaille ; broyée, elle est bonne pour les bêtes à cornes. La graine d'ortie mêlée au fourrage donne du luisant au poil des animaux ; la racine mêlée au sel donne une belle couleur jaune. C'est du reste un excellent foin que l'on peut faucher deux fois. Et que faut-il à l'ortie ? Peu de terre, nul soin, nulle culture. Seulement la graine tombe à mesure qu'elle mûrit, et est difficile à récolter. Voilà tout. Avec quelque peine qu'on prendrait, l'ortie serait utile ; on la néglige, elle devient nuisible. Alors on la tue. Que d'hommes ressemblent à l'ortie ! »

 

Elle a longtemps été utilisée pour sa fibre textile. Les premières traces remontent à 2800 ans, au Danemark, le squelette d’un dignitaire était enveloppé dans un linceul en fibre d’ortie. A cette époque, le lin était largement cultivé en Europe. L’utilisation de fibres d’orties comme linceul nous indique que cette matière était considérée comme précieuse.

Au XIXème et début du XXème siècle, elle a été cultivée à grande échelle. Les Allemands pendant l'occupation obligeaient les hommes et les enfants à récolter l'ortie pour alimenter les usines de textile. Elle a ensuite été abandonnée pour des raisons de rentabilité, la mécanisation n’était pas possible.

Ses vertus et son utilisation:

Tout au long de l’histoire, l’ortie s’est vue attribuée de nombreuses qualités : aphrodisiaque, expectorante, diurétique, antirhumatismal, révulsive, vasoconstrictrice, anti infectieuse, stomachique, anti diarrhéique, hémostatique, antidiabétique, emménagogue, dépurative, reconstituante, astringente, stimule le cuir chevelu, antianémique, reminéralisante…

Aujourd’hui encore, on la reconnait comme une plante utile dans de nombreuses situations.

 

Dès 1845, des preuves scientifiques ont été apportées quand à son efficacité pour le traitement des hémorragies utérines.

 

La Commission E, l’OMS et l'ESCOP ont admis que l’ortie permet de prévenir et de traiter les calculs rénaux, les douleurs arthritiques, rhumatismales ou liées à une sciatique

 

Aujourd’hui, elle est utilisée dans la médecine ayurvédiques, associée à d’autres plantes, pour traiter les hémorragies utérines, les saignements de nez et les problèmes de peau.

Au Maroc, elle combat l’hypertension.

Les Amérindiens la prescrivent pour soulager les douleurs rhumatismales et soutenir les femmes lors de l’accouchement.

En mai, trois bons repas d'orties écartent toutes les maladies. Proverbe irlandais

L'ortie, aux yeux du peuple herbe si méprisable, tient dans la médecine une place honorable. Précepte de l'école de Salerne

Au jardin :

La présence d’ortie permet de détecter un sol riche en éléments nutritifs, dont l’azote.

Elle est très utile également pour le jardin. Elle accentue la saveur des plantes aromatiques voisines et stimule leur croissance.

Elle active le compost et son purin est un engrais riche en fer, en azote et repousse les insectes.

 

Elle accueille les premières générations de pucerons, source de nourriture pour les coccinelles. Cela favorise leur reproduction et elles seront ensuite assez nombreuses pour manger les pucerons sur les fleurs et les légumes avant qu’ils ne soient trop nombreux et fassent des dégâts.

 

Autres utilisations :

Avec les tiges, on fabriquait des tissus, mais il est également possible de la transformer en corde (comme du chanvre), en filets de pêcheurs

Ses qualités antiseptiques ont été utilisées pour conserver les viandes et poissons avant l’arrivée du réfrigérateur. Pour cela, on enveloppait les aliments dans les feuilles d’orties.

Dans les régions montagneuses, la poudre d’ortie servait à récurer les chaudrons.

Comment la déguster :

L’ortie peut se cuisiner de 1001 façon ou presque ! Vous l’utiliserez dans du pesto, de la soupe, du gratin, du sirop, jus, de la quiche, tarte, cake… Il peut s’utiliser cuit comme des épinards ou sécher et broyé puis saupoudré comme un épice.

 

La plupart des principes actifs sont hydrosolubles, vous en profiterez si vous la préparez en bouillon, décoction, gelée, tisane ou teinture-mère.

 

Pesto d’orties fraîches : mixez une poignée ou deux d’orties avec une pincée de sel et ½ tasse d’huile d’olive (ou plus, à ajuster).

Le pesto doit être consistant et l’ortie bien hachée. Vous pourrez le conserver au frais plusieurs mois, en le recouvrant bien d’huile après chaque utilisation.

Les feuilles d’ortie peuvent être mixées crues (plus mordant) et adoucies avec un peu de crème végétale, ou bien blanchies rapidement à la vapeur avant de les mixer. Dans tous les cas, les vertus et les vitamines sont conservées.

 

Lotion capillaire fortifiante: faites tremper dans un bocal d’alcool alimentaire des racines d’orties lavées et coupées, seule ou avec du romarin ou des feuilles de saule. Après 2 à 3 semaines filtrez et utilisez en friction sur le cuir chevelu tous les jours.

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